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‘Ceci n’est pas un coaching !’ … De l’entretien préalable à un coaching

Voilà ce que Magritte aurait pu dire de cet échange qui met au prise le coach et le demandeur à un accompagnement lors de leur première rencontre. Version Canada Dry cela aurait donné: «Ça ressemble à un coaching, ça a le goût du coaching, mais ça n’est pas du coaching ! ».

L’idée de cet article m’est survenue lors d’une supervision (coaching d’un coach sur sa pratique professionnelle) au cours de laquelle il m’apparut que j’avais mené un coaching avec une personne que je rencontrais pour la première fois. Fort d’une certaine expérience je plaidais néanmoins coupable pour cette erreur de débutant.

« Que celui qui n’a jamais fauté jette la première pierre ! », et je me dis alors qu’il serait sans doute bénéfique d’en tirer une leçon et que j’écrive à ce sujet. Pas tant pour expier ma faute et battre ma coulpe que pour clarifier ma pensée, éviter la récidive, et qui sait … Être utile au plus grand nombre.

Il convient tout d’abord de bien comprendre que les métiers d’accompagnement impliquent une première rencontre qui doit permettre au coach et à son interlocuteur de valider s’ils ont matière à travailler ensemble.

Or les risques (voire les tentations) sont nombreux de fausser l’objectif de cette étape initiale.

Du côté du coach en premier lieu – « charité bien ordonnée commence par soi-même » (vous aurez noté mon penchant catholique – traduisez universel !). Celui-ci peut en effet se trouver pris au piège de la séduction avec la volonté de ‘conquérir’ le client. Après tout, il n’est jamais vraiment seul à être consulté et peut en résulter ce qu’une de mes consoeurs américaines appelle la « Beauty Parade » sorte de roue du paon dont l’idée est de sortir le grand jeu … de la séduction. Un client individuel, un responsable des ressources humaines, un membre de la direction, tous peuvent être prétextes à cette danse du ventre qui est hors de propos dans le cadre d’une démarche d’accompagnement à venir. Et si cette séduction est parfois inconsciente elle n’en reste pas moins dangereuse. Thérapie et supervision du coach sont alors les garde-fous qui permettent de révéler ce que l’on ne voit pas toujours et qui permettent un retour sur image pour éviter un bis repetita.

Côté client, le risque existe aussi et  même largement. Une amie avocate m’expliquait  récemment à quel point son cabinet était un lieu de parole pour certains de ses clients qui viennent y déposer le lourd bagage qu’ils traînent dans leur coeur et dans leur esprit. Et si ça n’est pas le rôle de l’avocat de jouer le soutien psychologique de son client, ça n’est pas non plus celui du coach … Là aussi la tentation peut être grande…

Même s’il n’est pas un coaching, l’entretien préliminaire ne peut fonctionner que s’il réunit des consciences claires. Ce qu’Eric Berne père fondateur de l’analyse transactionnelle nomme des états ‘Adulte’ du Moi. Dans cette position, pas de volonté de séduction, pas de débordement psychologique. C’est là en revanche une responsabilité majeure du coach qui doit faire en sorte que la personne qu’il rencontre pour la première fois détaille la situation qui la conduit à vouloir effectuer un accompagnement et ce qu’elle souhaite en retirer.

Par ailleurs cet entretien doit permettre une validation réciproque. Chacun doit se sentir engagé, responsable, dynamique et confiant en en ressortant. Et cela n’a rien à voir avec ce que certains décrivent à tort comme le « Chemistry Meeting » qui tient plus de la question de la compatibilité amicale voire amoureuse …

Chacun doit se sentir pleinement dans son rôle. Le coach qui conduit le processus va valider que la demande de son client est bien celle d’un coaching et qu’il se sent pleinement capable de l’accompagner. Le client – quant à lui – est amené à se questionner sur l’alliance avec le professionnel qui lui fait face. Peut-elle se produire ? Elle est la condition indispensable d’un  accompagnement réussi – gage d’une confiance qui met coach et coaché dans la possibilité de travailler ensemble et qui permet à ce dernier de mesurer sa part de responsabilité dans le chemin à parcourir.

Pour faire en sorte d’éviter une sortie de route lors de l’entretien préalable, je suggère donc de commencer par nommer le fait que le rendez-vous qui s’annonce … n’est pas un coaching ! Ça va sans dire mais certainement mieux en le disant. C’est une porte ouverte – non pas à toutes les fenêtres – mais bien à la validation de la suite de l’aventure entre le coach et le coaché.

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